Historique

 

La fondation en images


1- Leçon de charité
À Cap-Santé, vers 1840, la future fondatrice du Bon-Pasteur de Québec, Marie-Josephte Fitzbach, veuve de monsieur F.-X. Roy, exerce ses enfants, Séraphine, Célina et Clorinde, au grand devoir de la charité, car sous les haillons du pauvre, Dieu se cache?
2- La prison de Québec
M. George Manly Muir, membre de la Société St-Vincent-de-Paul, visite les prisonnières. Alors qu’il les exhorte à s’amender, l’une lui répond : « Que voulez-vous, quand même nous le voudrions, nous ne le pourrions pas. Une fois perdues, nous sommes sans ressources, personne ne veut plus nous recevoir. » Frappé par cette réponse, M. Muir conçoit le projet d’un refuge. En 1850, il devient l’instigateur de l’œuvre du Bon-Pasteur.
3- Manifestation de la volonté divine
Depuis octobre 1849, Mme Roy occupe une chambre comme pensionnaire chez les Sœurs de la Charité de Québec. Un jour, l’abbé Louis Proulx lui demande au nom de l’évêque : « Madame, auriez-vous trop de répugnance à prendre la direction de l’Asile Ste-Madeleine qu’on veut établir pour y rassembler les malheureuses et les convertir ? » Mme Roy, surprise de cette proposition inattendue, répond qu’elle désire réfléchir, consulter et prier.
4- Communication imprévue
Après son entretien avec l’abbé Proulx, Mme Roy consulte ses filles sur le parti à prendre. Étonné, leur amour filial se récrie. N’avaient-elles pas rêvé pour leur mère d’un avenir plus doux ? Elles pleurent en silence.
5- La grâce triomphe
Les filles de Mme Roy, connaissant la vertu de leur mère, lui conseillent d’accepter. « Allez, mère, puisque Dieu le veut » dit l’aînée.
6- L’humble soumission
Plus d’hésitation. Mme Roy se rend à l’évêché où l’abbé Proulx la présente à Mgr Pierre-Flavien Turgeon. « Monseigneur, je suis votre humble servante, faites de moi ce qu’il vous plaira. Je regarderai votre volonté comme celle de Dieu même. »
L’Archevêque de Québec félicite Mme Roy et la bénit, car il fonde sur elle des espoirs qui ne seront pas déçus.
7- Le sacrifice
De retour à sa chambre, Mme Roy réfléchit à la promesse faite à Mgr Turgeon. Tombant au pied du crucifix, elle s’écrie : « Mon Dieu, est-il possible que vous exigiez de moi un tel sacrifice ! Me voilà condamnée à vivre avec des femmes perdues… Si, du moins, je pouvais espérer faire de ces malheureuses de véritables Marie-Madeleine ! »
8- Le Premier de l’An 1850
Que réserve pour Mme Roy l’année qui commence ?… En donnant le baiser de paix aux Sœurs de la Charité, venues lui offrir leurs bons souhaits pour le nouvel An, Mme Roy a le cœur lourd. « Ô mon Dieu, moi qui avais cru finir mes jours avec les Épouses du Christ, et… » Les sanglots étouffent sa voix.
9- Secours opportuns
Au lendemain du Jour de l’An, M. Muir vient féliciter Mme Roy de son courage et lui offre un peu d’argent pour subvenir aux premiers besoins de l’Asile Ste-Madeleine, dont l’ouverture est fixée au 11 janvier suivant.
10- Bienfaits méconnus
Le 7 janvier 1850, deux malheureuses viennent demander un gîte à Mme Roy. Malgré la répugnance et la peur qu’elle éprouve, elle consent à les garder dans sa chambre jusqu’à l’ouverture du refuge. Trois jours plus tard, ses protégées désertent leur bienfaitrice, qui offre au ciel cette première épreuve de l’apostolat.
11- Vers la Maison Ste-Madeleine, rue Richelieu
C’est le 11 janvier 1850. Sur la route enneigée, Mme Roy et sa compagne, Mary Keogh, s’avancent péniblement. Elles suivent à pied la voiture chargée du pauvre ménage. Mary s’est vue confier le bien le plus précieux, le crucifix. Ici, le vent glacial les force à se retourner pour reprendre leur souffle : « Mon Dieu, murmurent-elles, c’est pour vous, pour votre unique amour, venez à notre aide ! »
12- Le repas du soir
La journée a été rude pour les deux femmes. M. Muir a apporté un peu de bois de chauffage. Il en a pris deux morceaux pour remplacer les pattes d’un vieux poêle prêté par un voisin.
À midi il n’y avait rien à manger. Ce soir : un peu de thé, un quarteron de beurre, et la moitié d’un pain emprunté... Ce serait insuffisant si Dieu ne soutenait ces deux héroïques femmes du pain de ses consolations.
13- À la porte du Refuge
Dans la matinée du 12 janvier, Mme Roy reçoit deux jeunes filles dont l’une est aussi distinguée que l’autre est misérable. Une lettre de Mgr Charles-Félix Cazeau, vicaire général, recommande cette pauvre égarée que sa sœur accompagne. Comme il a été décidé qu’aucune pénitente ne serait admise avant quinze jours, la messagère est envoyée au père Louis Saché, jésuite, qui décidera de son cas.
14- Le divin Pasteur vous l’envoie
La messagère revient au Refuge portant la réponse du père Saché : « Le divin Pasteur vous l’envoie. » Mme Roy et Mary Keogh accueillent donc cette première pénitente.
Désormais, le 12 janvier sera la date commémorative de la fondation et de la mise en opération de l’œuvre.
15- La nuit d’angoisse
Effrayées par l’air redoutable de la malheureuse qu’elles accueillent, Mme Roy et sa compagne n’osent pas se coucher. Elles se barricadent de leur mieux et prient. « Que ferons-nous, dit sœur Mary, si elle veut nous tuer ? - Nous mourrons sur l’autel de la charité, répond Mme Roy, et Dieu nous recevra dans le paradis. » Dans la pièce voisine, la pénitente prête l’oreille à leurs craintes ne sachant comment les rassurer.
16- Prévision de l’avenir
« Vous verrez, Madame, que cet Asile deviendra avant peu une Communauté régulière », dit Mlle Marie-Anne Angers à Mme Roy, le 13 janvier 1850, en lui exprimant son désir de se consacrer au service des pénitentes. Mme Roy, peu convaincue d’abord, croira en la vocation de Mlle Angers qui sera admise le 23 mars suivant.
17- Supplication touchante
En raison des ressources très limitées du Refuge, Mme Roy doit refuser l’asile à celle qui se présente le Vendredi saint 1850. Alors, toutes les pénitentes à genoux supplient en faveur de la malheureuse, s’offrant à partager leur nourriture avec elle. La misérable s’éloigne, mais au matin de Pâques, on la retrouve au seuil de l’Asile où elle est accueillie.
18- Rencontre providentielle
L’abbé Proulx sort du confessionnal. Il présente Mlle Esther Ouimet à Mme Roy comme une auxiliaire prometteuse pour son œuvre. Les deux femmes font rapidement connaissance. Les mêmes aspirations les feront sœurs.
19- À la Maison St-Vincent-de-Paul
Le 29 octobre 1850, le personnel de la rue Richelieu gravit le rocher de Québec pour s’installer définitivement rue St-Amable. On déménage à bras le pauvre mobilier de l’œuvre. La nouvelle maison, due à la charité de la Société St-Vincent-de-Paul, est modeste. La boulangerie attenante servit de local pour la première école.
20- À la salle de récréation
Mme Roy préside à la salle de travail où dentelle, couture et tricot sont à l’honneur. La gaieté est au rendez-vous.
21- L’œuvre secondaire de l’Institut
Le 7 janvier 1851, Mme Roy ouvre une école pour les enfants du quartier. Les pauvres, en nombre considérable, sont admises gratuitement. Alors que sœur Thivierge enseigne aux fillettes de langue française, sœur Mary enseigne en anglais aux petites Irlandaises. En attendant un local convenable, on tient les classes dans la partie supérieure de la boulangerie. Humbles commencements !
22- À la poursuite de la brebis perdue
Le 1er mai 1852, une pénitente provoque l’émoi lorsqu’elle déserte l’Asile Ste-Madeleine. Mme Roy et sœur Thivierge partent à sa recherche et la retrouvent cachée dans une maison de débauche. Par une douce persuasion, Mme Roy dégage la fugitive de sous le lit et la ramène au bercail.
23- Conférences spirituelles
Le père Louis Saché, jésuite, directeur spirituel de l’Asile Ste-Madeleine, donne ses conférences aux directrices de l’oeuvre. Celles-ci l’écoutent expliquer les points d’un Règlement qui sera la base des Constitutions et des Règles de l’Institut.
24- Dévouement admirable
M. l’avocat Jacques Crémazie, homme aux multiples talents, initie les directrices de l’œuvre à la pédagogie. Les leçons achevées, il se constitue professeur de chant pour les sœurs Angers, Nolan et Fiset. À la chapelle, à défaut d’orgue, il les accompagne au violon.
25- Sous le regard de Dieu
Le 24 janvier 1856, des dix sœurs en retraite, sept sont admises à faire des vœux, alors que les trois autres se préparent à recevoir l’habit religieux. À l’oratoire, l’heure est à la contemplation et à la prière.
26- Le 2 février 1856
Jour mille fois béni ! Les élues, revêtues de l’habit religieux, rentrent à la chapelle. Chaque sœur du Bon-Pasteur est accompagnée d’une sœur de la Charité. Devant, la fondatrice au côté de Mère Mallet. Les sept plus anciennes prononcent leurs vœux de religion. Ce sont la fondatrice et ses collaboratrices. Les trois autres portent le voile blanc des novices.
27- La bénédiction épiscopale
Le 2 février 1856, Mgr Charles-François Baillargeon, administrateur du diocèse, établit la Communauté, déjà connue sous le nom de Bon-Pasteur, en congrégation religieuse : les Servantes du Cœur Immaculé de Marie. Mgr Baillargeon préside à l’élection des Conseillères et les bénit le 7 février 1856.
28- Le père Braün et ses filles spirituelles
Le père Braün, jésuite, s’entretient avec les sœurs après une conférence où il a raffermi les nouvelles religieuses dans leurs dispositions.



L’œuvre se poursuit…


À partir de 1850, Marie-Josephte Fitzbach et ses collaboratrices, font preuve d’amour et de bonté en accueillant des femmes que l’on qualifiait alors de « brebis perdues ». C’est pourquoi, même avant leur reconnaissance en tant que communauté religieuse, elles étaient connues à travers la population de Québec comme des « Sœurs du Bon-Pasteur ».

Dès leur constitution en communauté religieuse, en 1856, les Servantes du Cœur Immaculé de Marie, dites Sœurs du Bon-Pasteur de Québec, voient leurs rangs s’élargir peu à peu et la portée de leurs bontés s’amplifier. Ainsi, que ce soit au Québec, aux États-Unis, en Afrique, en Haïti ou au Brésil, elles viennent en aide aux femmes en difficulté et à leurs enfants par le biais de leurs œuvres sociales.

Les Sœurs du Bon-Pasteur se font aussi connaître par l’enseignement. Dès 1851, elles ouvrent des classes pour accueillir des fillettes de familles pauvres. Rapidement l’œuvre d’éducation prend de l’ampleur. L’enseignement des arts et de la musique a aussi toujours fait partie de la réputation d’excellence du Bon-Pasteur en matière d’éducation.

Aujourd’hui, la Congrégation continue de communiquer son charisme d’amour et de bonté en s’impliquant dans divers organismes au Québec et dans les pays où elles sont présentes.
 

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Dernière mise à jour le 7 décembre 2017.